J'ai rarement ressenti des sensations comme ça. Rarement eu cette envie de pleurer de joie, d'avoir mal au ventre et d'être émue à ce point. J'ai vu dans les yeux de mon père tout le bonheur du monde, la joie d'être parmis nous, la joie de commencer une "nouvelle" vie, d'être heureux, je l'ai vu ...
Ses yeux tout ému faisaient plaisir à voir ... J'étais heureuse, moi aussi, souriante, épanouie. J'ai l'impression de ne plus être moi-même, ou plutôt d'être redevenue celle que j'étais avant tout ça, toute cette spirale qui n'a fait que s'empirer de jours en jours. Je refuse qu'on me plaigne, j'ai horreur des gens qui ont pitié de moi parce que j'ai mal ou je souffre, mais quelque part ça a joué contre moi. Croyant me protéger de tout ça, je me suis enfermée dans une cage dorée dont je n'ai jamais pu ressortir. J'étais bloquée. Seule. C'était dur, c'est vrai ... Mais malgrès ça je n'ai jamais aimé l'hypocrisie qu'on pu avoir certaines personnes à mon égard, je n'aime pas ça. J'ai été trahi et blessée parce que j'ai été trop naive, et encore plus en amitié. Finalement, rien n'est vrai et tout devient superficiel. De plus en plus j'ai du faire croire à tout le monde que j'allais bien, et même quand j'allais mal, à dire que ça allait, rigolant et ayant le sourire pour ne pas inquièter les autres. C'était ridicule. Je pensais les proteger mais je faisais pire, je leur faisais mal. Aujourd'hui je comprends ce qu'ils ont pu ressentir en me voyant dans un état pathétique, des cernes jusqu'au menton et le corp usé, me voyant boiter, ou autre. Je n'ai jamais dit que j'allais mal, je me suis contentée de l'écrire sur un blog, je pensais que ceux qui le lirait me comprendraient ?! Mauvais calcul. J'aurai du leur dire plus tôt, leur expliquer ce qui me traverser l'esprit, car finalement même avec ma carapace j'ai toujours été touchée, elle m'a protégée les premières années et puis après c'était n'importe quoi. Obligée de me battre toute seule, car même si ma famille et mes vrais amis peuvent comprendre que j'ai autant mal et que je sois autant fatiguée, ils ne le vivent pas. Personne ne vit ce que je vis, et donc personne ne comprend vraiment. Quand je dis que j'ai mal aux jambes, finalement c'est bien pire que ça ... Car quand j'ai mal, je ne dis rien, je réponds que tout va bien, que je suis juste un peu fatiguée. Je prends sur moi, je serre les dents pour ne pas craquer et leur dire à tous que j'en ai marre. Quand, par ailleurs, je commence à dire " Aujourd'hui c'est pas terrible, j'ai "un peu" mal ", c'est que vraiment rien ne va, je ne sens plus mes jambes, ni rien. Je refuse tout ce qui pourrait m'aider et me soulager, il m'est impossible de me dire " Prends le fauteuil roulant, ça va te soulager et ça ira mieux demain". NON ! Non parce que je veux être comme tout le monde, je ne veux pas être dans ce fauteuil toute la journée et que les gens ( ou même les éléves ... ) me dévisagent avec leurs airs de pitié dans les yeux, parce que la pitié, c'est pire que tout. Je voudrais pouvoir être et faire comme les autres, marcher de longues heures sans avoir mal, sans redouter le moment où mes musclent vont me lacher, parce que tôt ou tard ça arrivera. Mais je n'en parle jamais. Il faudrait peut-être, mais j'ai peur. Terrifiée, annéantie, jusqu'à en devenir desesperée. Je veux marcher ! Alors que parfois il faudrait que je dise "stop" à mon corps qui en a marre un peu plus chaque jour. Je n'arrive pas. Alors quand je suis avec mes amis, pour faire comme tout le monde et pour suivre la foule, je me lance dans un combat qui n'a pas de fin ... Les choses les plus simples me sont devenues insurmontable ; monter les escaliers, porter un sac " trop lourd ", et j'en passe. Marcher est un supplice, mais je ne veux pas être dans une chaise roulante, je m'y refuse ! Je pousse mon corps à redoubler d'efforts, toujours, tout le temps... Un jour, c'est lui qui me dira "stop", je le sais. Cette angoisse, je l'ai toujours, elle est toujours avec moi, ne me quitte jamais. Le matin quand je me réveille et que je pose un pied par terre, j'ai toujours peur de tomber, de ne plus pouvoir marcher, au début ça fait mal, je boite. Je me dis que c'est normal, c'est le matin et la "mécanique" doit se mettre en marche. Mais ça continue tout le reste de la journée. Assise ou debout, c'est le même combat. Ces douleurs qui n'en finissent jamais, supportable, au début, puis de plus en plus violente. Mais je releve la tête et je vois le visage de mes camarades qui me regardent, inquiets, qui savent que j'ai mal, alors je leur lance un de ces " Ca va passer, ça me le fait souvent ". Oui, ça me le fait souvent, il est bien là le problème. Je n'arrive presque plus, ou sur une très courte durée, à porter ce corp lourd et fatiguée. Mais j'y arriverais, j'y arriverais ... Et comme dis une personne que j'apprécie beaucoup : Demain est un autre jour.






