Je n'ai jamais vraiment parlé de mon passé dans ce blog... Peut-être pas que jusqu'à aujourd'hui, je le trouvais trop dur à porter, et que la simple idée que d'autres soient au courant de ce que j'ai pu vivre avant, m'était insuportable ! Je n'aime pas me sentir vulnérable, parce qu'on a trop profité de ma sensibilité pour me faire du mal... Mais "on" est un con, comme dirait l'autre.
On ne peut pas dire que j'ai eu une enfance comme les autres, je n'ai pas été heureuse c'est le peu que je puisse dire, et malgrès ça j'ai toujours eu ce tempéramment de battante, je crois ... Le regard dédaigneux des gens dans la rue, les doigts des enfants plantés sur moi pour montrer ma taille, la pitié des parents, leur "Ma pauvre chérie" qui me rendaient complétement folle. Cela peut paraitre inpensable pour ceux qui me connaissent aujourd'hui, mais dans la cour de récré, j'étais seule... Je n'avais qu'une amie, Maureen, et heureusement qu'elle était là, mais ce n'était quand même pas pareil.
J'ai été obligé de grandir mentalement plus vite que les autres. Pendant que les enfants de mon âge jouaient à la balançoire, j'étais déjà sur une table d'opération à me faire charcuter comme un bout de viande.
Je ne sais pas si quelqu'un peut comprendre ce que j'ai vécu, c'était tellement horrible... Tellement dur ! A 8ans déjà, j'étais complétement brisée de l'intérieur. Mais je me battais, je me refusais de baisser les bras, parce que pour moi la vie était le plus des cadeaux, et pour ceux qui m'aimaient, notamment pour ma mère, je n'avais pas le droit d'abandonner. Ces années ont été certainnement pour moi la pire période de ma vie !
A mon entrée au collège, je ne stressais même pas, de toute façon je ne voyais pas comment ça aurait pu être pire que ça ne l'était déjà, alors je positivais ...
A mon agréable surprise, cette rentrée s'est parfaitement bien déroulée. Tout comme ma 5eme... Jusque là pas de probleme, à part peut-être toutes ces visites à l'hopital que je ne supportais plus.. J'étais bien entourée, je me sentais bien. J'étais encore une battante ...
En arrivant en 4eme, j'étais breveté pour les sourires forcés mais à la différence des autres années, j'ai fais la rencontre de personnes géniales, ma Sister et mon Mister Délire, entre autre ... Heureusement qu'ils étaient là. Et évidemment, il y avait toujours Maureen. Cette année, j'avais mal, je ne me confiais pas, j'avais peur. Je suis restée des années sans parler, je me disais qu'une de plus, ce n'était pas bien grave.
Je n'étais pas concentrée en cours et j'avais la tête ailleurs, ce qui m'a valu un redoublement. J'étais réjouie -_-'.
Ma deuxieme 4eme a été aussi brillante que la premiere, j'y ai fais des rencontres fantastiques, dont une, qui aujourd'hui ne fait plus partie de ma vie, mais qui a surement été l'une des personnes que j'ai le plus aimé au monde. A cette période, j'étais déjà le clown de service, alors même si je n'aimais pas spécialement l'ambiance et la mentalité de la classe, je mettais l'ambiance, comme ils disent ... Et malgrès tout, je les aime !
Cette année là, je n'avais pas ma Sister en prof d'histoire, à mon grand desespoir... La prof que j'avais, je l'a connaissais de nom, et pour sa réputation à parler avec ses éléves, donner des conseils et je savais aussi qu'il ne fallait pas être sur sa route quand elle était énervée. Rien de plus...
Cette femme m'impressionait par son incroyable franchise et son combat contre/pour la vie ! J'adorais l'entendre raconter des épisodes de sa vie et nous donner des conseils sur cette vie, justement ... Assise à ma table, le regard vide, je me disais " Putain, mais elle a tellement raison ! "
Sur le plan de la santé, j'allais me faire opérée de la jambe gauche et j'étais pétrifiée. Et si, et si, et siii ???! Les questions se bousculaient dans ma tête, j'avais tellement peur !
Heureusement, tout s'est bien passé ... Dans mon lit d'hopital, j'ai vraiment pris conscience que je comptais pour quelques uns. Ils prenaient de mes nouvelles et venaient me voir. J'étais touchée, mais de toute façon on ne distinguait pas mes larmes sur mon visage rempli de cerne...
J'étais bien contente de rentrer chez moi, de revoir les gens que j'aime chez moi, dans un autre contexte que celui des chambres blanches décoré par seulement un vase de fleur sur la table de nuit.
Je voulais absolument revenir au collège, pour me changer les idées, mais je savais que ça allait être dur. Effectivement, je souffrais ... Comme si ça ne suffisait pas, j'apprenais au même moment le déménagement futur de mon papa à Bordeaux. Ma premiere réaction a été : " Quoi ???! " suivit d'un torrent de larmes. Mais je n'avais pas le droit de le priver de son bonheur avec ma belle-môman... J'étais malheureuse !
Aujourd'hui, je suis en 3eme, et je me fais bientot opéré du dos ... Le stress habituel monte, mais je suis encore cette adepte de la positive attitude.
Mon père me manque terriblement, mais je n'arrive pas à lui dire à quel point je l'aime...
Et je vous parler tout à l'heure de Mme Le c***, maintenant c'est devenue une amie très chère à mes yeux qui m'a énormément apporté ! Et je la remercie du fond du coeur...
Et pour ce qui est du reste, il y a des cicatrices qui ne cicatrisent malheureusement jamais et on doit apprendre à vivre avec. Pas toujours simple, mais "tout ce qui ne me tue pas me rend plus étrange"...
Je n'ai pas le courage de finir cet article, les pleurs m'envahissent ... Help.
Je continuerais le long racontage de ma vie plus tard ...